![]() |
|
|
|
La gaffe de Sarkozy irrite l’Irlande
![]() La liesse à Dublin, après le rejet du traité de Lisbonne, le 13 juin. Reuters
Union européenne. Le pays «devra revoter» affirmait mardi le président français.
De notre correspondant à Bruxelles (UE) JEAN QUATREMER
QUOTIDIEN : jeudi 17 juillet 2008
C’est un secret de polichinelle que Nicolas Sarkozy a révélé : pour que le traité de Lisbonne puisse un jour entrer en vigueur, «les Irlandais devront revoter». Tenus mardi lors d’une rencontre avec les députés UMP, ces propos ont provoqué un tollé en Irlande, où les citoyens ont rejeté par référendum, le 12 juin, ce texte. La formule est pour le moins malheureuse, alors que Nicolas Sarkozy, président en exercice de l’Union, doit se rendre en Irlande lundi «pour écouter et dialoguer». «Le Président n’a pas donné d’ordre aux Irlandais mais à l’issue du processus de consultation, il serait logique de repasser par un vote», souligne-t-on à l’Elysée.
Ce cas de figure s’est déjà présenté : en 2002, les Irlandais revotaient après avoir rejeté le traité de Nice en 2001. Tout comme les Danois l’ont fait en 1993, après avoir refusé le traité de Maastricht en 1992. Même si l’unanimité est nécessaire pour qu’un traité européen entre en vigueur, chacun a conscience qu’un seul Etat, surtout un petit pays aux marges de l’Europe, ne peut pas bloquer l’ensemble de l’Union. C’est pourquoi les Vingt-Sept ont décidé malgré tout de poursuivre le processus de ratification, contrairement à ce qui s’était passé en juin 2005 au lendemain du double non français et néerlandais à la Constitution. Désormais, avec l’Espagne, mardi, 23 pays ont ratifié Lisbonne. La stratégie européenne vise à isoler l’Irlande afin que la pression soit maximale. Il n’est pas question de renégocier le traité de Lisbonne, qui est déjà une renégociation de la Constitution. L’idée est de proposer à Dublin le même texte assorti de déclarations censées répondre aux angoisses irlandaises : intangibilité de la neutralité, maintien du droit de veto sur l’harmonisation fiscale et sociale, respect de l’interdiction de l’avortement et du mariage gay, etc. Certes, tout ceci est déjà dans Lisbonne, mais cela n’a pas freiné les tenants du non. La réforme de la Commission sera aussi sans doute sacrifiée : il était prévu que le nombre de commissaires ne pourrait dépasser deux tiers du nombre d’États membres, sauf décision contraire du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement. Les Vingt-Sept pourraient s’engager, comme Libération l’a révélé le 20 juin, à maintenir un commissaire par État membre, comme c’est le cas aujourd’hui, puisque cela a été un argument de la campagne du non. Cela suffira-t-il alors que l’Irlande va connaître sa première récession économique depuis 1983 ? |
|
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Accueil | Libé en pdf | Archives | Newsletter | Emploi | Annonces | Abonnements | Recherche libération : contacts | Publicité | Index © Libération | designed by BT France Licence | Données personnelles | Charte d'édition Un site de Libération Network |
||